Mieux vaut tard que klotho !

Le gène Klotho (nom de la déesse qui, dans la mythologie grecque tisse le fil du destin de la vie) est un gène responsable de la synthèse de la protéine Klotho impliquée dans le processus de vieillissement. C’est une protéine de 1’014 acides aminées exprimée dans le tubule distal du rein, les glandes parathyroïdes, les plexus choroïdes et dans les cellules germinales des organes reproducteurs. Elle est attachée à la surface des cellules, mais peut être clivée. Une forme circulante peut ainsi être détectée dans le sang et le liquide céphalo-rachidien.

Sa fonction a été découverte en 1997.[1] La protéine Klotho est un cofacteur du facteur de croissance fibroblastique FGF-23 (fibroblast growth factor 23).[2]

Son déficit favorise l’apparition de calcifications vasculaires chez la souris et chez l’homme en entraînant une dysfonction de l’endothélium des vaisseaux.[4,5]

La baisse du débit de filtration glomérulaire s’accompagne précocément d’une augmentation de la concentration plasmatique en FGF-23 intact. Chez l’homme la valeur de concentration plasmatique de FGF-23 est un élément prédictif de la progression de l’insuffisance rénale, mais cette association n’implique pas nécessairement un lien causal direct.[6]

Voici un schéma qui explique l’axe os-rein tiré d’un article intitulé « Dem bones » are made for more than walking (cela date une peu, peut-être…)

Capture d’écran 2015-03-27 à 22.37.15

L’augmentation initiale du FGF-23 depuis l’os est stimulée par « on ne sait pas encore quoi » et diminue la production de vitamine D active [1,25(OH)2D] (1) et inhibe la réabsorption rénale du phosphate (2) pour compenser la diminution du débit de filtration glomérulaire chez les patients insuffisants rénaux. L’absorption de calcium par les intestins est diminuée en réponse à la diminution du taux de vitamine D active (3) et stimule secondairement la parathormone (PTH) (4). Le FGF-23 diminue la PTH chez les sujets sains (5), mais chez les patients insuffisants rénaux , FGFR1–α-klotho sont diminués, entraînant une augmentation de la PTH. Cette augmentation de la PTH entraîne un remodellage osseux, une augmentation de l’efflux de calcium et de phosphate depuis l’os (6) et augmente la production de FGF-23, amplifiant ainsi l’axe os-rein (7). A un autre niveau de cet axe, le rein et la PTH augmente l’excrétion de phosphate (8) et stimule la production de vitamine D active (9), qui respectivement augmente et compense l’effet du FGF-23, entraînant un équilibre en favorisant une perte nette de phosphate en vue de maintenir une homéostase du calcium. Une augmentation de production de vitamine D active par le rein ou une prise exogène augmente le taux de FGF-23 (10).

La Dr de Seigneux s’est intérésée à la protéinurie et au phosphate chez les patients insuffisants rénaux. Elle a pu démontrer que la protéinurie augmente le taux de FGF-23 et de phosphate, indépendamment du débit de filtration glomérulaire et contribue ainsi à l’augmentation du risque cardio-vasculaire.[7]

Il ne faut plus voir la protéinurie comme un simple marqueur du risque cardio-vasculaire, mais comme un acteur à part entière de sa physiopathologie .

Proteinuria should therefore not be considered as a simple marker of cardiovascular disease in CKD but as an active player in its pathophysiology.

Source

  1. Kuro-o et coll.  Mutation of the mouse klotho gene leads to a syndrome resembling ageing Nature 1997; 390: 45
  2. Urakawa et coll. Klotho converts canonical FGF receptor into a specific receptor for FGF23 Nature 2006; 444: 770
  3. Lu et coll. The beta-glucuronidase klotho exclusively activates the epithelial Ca2+ channels TRPV5 and TRPV6 Nephrol Dial Transplant 2008; 23: 3397
  4. Hu et coll.  Klotho deficiency causes vascular calcification in chronic kidney disease J Am Soc Nephrol 2011; 22: 124
  5. Lim et coll.  Vascular klotho deficiency potentiates the development of human artery calcification and mediates resistance to fibroblast growth factor 23 Circulation 2012;125:2243
  6. Fliser et coll. Fibroblast growth factor 23 (FGF23) predicts progression of chronic kidney disease : the Mild to Moderate Kidney Disease (MMKD) Study J Am Soc Nephrol 2007; 18: 2600
  7. de Seigneux et coll. Proteinuria Increases Plasma Phosphate by Altering Its Tubular Handling. Journal of the American Society of Nephrology 2014:1–11.

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Catégories : Insuffisance rénale chronique, Néphrologie

Auteur :Dr Vincent Bourquin

Néphrologue blogueur

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