Page mise à jour le 21 avril 2026.
Robin Eady (1940–2017) — in memoriam
Voici le témoignage d’un patient qui fut professeur de dermatologie à Londres et qui a vécu les premières dialyses dans les années 60. Diagnostiqué en insuffisance rénale terminale en 1962, il a pris contact avec le Dr Scribner à Seattle, qui commençait les premières dialyses chroniques, et a été dialysé à partir de 1963. Transplanté en 1987 par le Pr Peter Morris à Oxford après 24 ans de dialyse, il est resté jusqu’à son décès le plus ancien survivant mondial d’insuffisance rénale sous traitement de suppléance. J’ai eu la chance d’assister à son témoignage lors du congrès mondial de néphrologie à Vancouver. Sa présentation était fascinante, et j’ai retenu trois messages essentiels : « Humour is essential », « Attention to detail », « Stay normotensive ».
Robin Eady est décédé le 2 août 2017 à Londres, à 76 ans, de complications d’une chirurgie cardiaque.
Voici l’interview qu’il avait donné pour un journal anglais : The dawn of dialysis — reminiscences of a patient
Éric et Isabelle Tschopp
Voici le témoignage d’un couple valaisan qui raconte à deux voix le don d’un rein entre époux. En novembre 2019, Isabelle donne un de ses reins à Éric — sept ans plus tard, tous deux vont bien. Mis en forme avec l’écrivain Pierre-André Milhit, leur récit alterne le regard de la donneuse et celui du receveur, de l’annonce du diagnostic jusqu’à l’après-greffe, sans éluder l’attente, le quotidien et les répercussions sur la vie de couple. Un témoignage rare dans la littérature francophone sur le don du vivant entre conjoints, que j’ai trouvé juste et utile à recommander aux patients comme aux proches qui s’interrogent.
« Un jour Éric a dit : « J’ai besoin d’un rein. » Isabelle a répondu : « Moi, je te donne ! » Comme on dit « je vais à la poste » ou « je te fais cuire des pâtes ». »
Moi, je te donne !, Éditions Slatkine, 2026, 148 p.
Voici le témoignage d’un patient dynamique qui a décidé de vivre ses passions à fond. Emmanuel a aujourd’hui 42 ans et près de 25 ans d’expérience comme dialysé et transplanté. Il a perdu un rein à l’âge de 3 mois, a été greffé une première fois à 17 ans pour 10 ans, est retourné 4 ans en dialyse, puis a été regreffé fin 2011. En 2010 est née son association Montagnes d’espoir, qui fédère désormais la team « Les relais de l’espoir » et sensibilise au don d’organes à travers le sport.
Il travaille à plein temps au Parc national du Mercantour (Alpes-Maritimes) comme responsable communication, et enchaîne les défis sportifs. Parmi ses réussites : champion du monde de triathlon aux World Transplant Games 2024 en Australie, vice-champion du monde de triathlon aux WTG 2019 à Newcastle, premier transplanté à réussir le Mont Blanc à ski de randonnée, premier dialysé à enchaîner plusieurs 4000 m à ski de randonnée, premier dialysé à réussir le Mont Rose à ski de randonnée.
Son message : « À travers le sport, la compétition et la transplantation, j’essaie de porter et de diffuser des valeurs de solidarité, de respect, d’inclusion, de dépassement de soi et de performance. »
Retrouvez son parcours sur emmanuelgastaud.com et sur la page Facebook Montagnes d’espoir.
Fabrice Huré
Voici le témoignage d’un patient atteint d’un syndrome d’Alport, dialysé depuis 1997. Une première greffe rapidement rejetée l’a laissé hyperimmunisé, avec peu de perspective de retrouver un greffon compatible. Après cinq ans de dialyse conventionnelle en fin de journée — « un planning de ministre », résume-t-il —, il bascule en 2002 vers l’hémodialyse longue nocturne (HDLN) au centre AUB Santé de Montgermont (Ille-et-Vilaine). Le gain est considérable : meilleur équilibre tensionnel, meilleur contrôle phospho-calcique, disparition de l’asthénie post-dialyse, maintien d’un emploi à temps plein — et une reprise du sport qui le mènera en 2017 au Trail du Bourbon sur l’île de la Réunion, 112 km et 6 200 m de dénivelé. Il en a tiré un film documentaire, « La montagne dans le sang », dont il est co-auteur, et milite pour que l’HDLN soit systématiquement proposée lors de la construction de nouveaux centres.
« Se soigner la nuit pour revivre le jour. […] Je ne présente pas la dialyse de nuit forcément comme la meilleure des méthodes pour tous les dialysés, mais comme une alternative qui permet de répondre à des besoins spécifiques auxquels d’autres techniques répondraient moins bien voire pas du tout. »
Bande-annonce du documentaire : La montagne dans le sang. Son témoignage complet est disponible ici.
Voici le blog d’un patient en dialyse péritonéale qui a traversé l’Atlantique, puis le Pacifique, en solitaire à la voile, pour montrer qu’il est possible de vivre pleinement sous dialyse. Greffé en 2009 après 22 mois de dialyse, il est aujourd’hui redialysé depuis plus de quatre ans et en attente d’une seconde greffe au centre de Caen. Son blog reste très actif et raconte au fil des semaines sa vie, ses voyages et son parcours de greffe.
« Je m’appelle Jean-Louis Clémendot, je suis insuffisant rénal et dialysé. J’ai traversé l’Atlantique en solitaire afin de donner un grand coup de projecteur à la dialyse péritonéale, cette méthode qui permet de garder sa liberté. »
Voici le blog de Morgane, née le 28 novembre 2008, créé et tenu à jour par sa maman, Karine. Aux dernières nouvelles, Morgane a fêté ses 10 ans de greffe, avec un greffon qui va très bien.
« J’ai créé ce blog pour vous parler de ma petite Morgane qui est née avec une agénésie rénale droite et une dysplasie multikystique rénale gauche, peut-être trouver des parents dans le même cas que nous et ainsi partager notre parcours. »
J’ai fait la connaissance de Daniel Bouzou via WordPress et il a gentiment illustré plusieurs de mes articles pour Nephro.blog et pour le journal di@lysez. Son blog — toujours mis à jour quotidiennement, et ce n’est pas rien quand on souffle ses 80 bougies ce 21 avril 2026 — comporte une partie témoignage, et je le laisse la décrire :
Voilà plus de 20 ans que ma vie a pris un tournant radical à l’énoncé d’un verdict sans appel : l’insuffisance rénale ! Ces années de survie, puisqu’à une époque plus ancienne j’aurais été condamné à une mort certaine, ont été émaillées de bien des péripéties. Jour après jour, un apprentissage pas toujours facile avec la maladie, ses traitements, ses contraintes et ses mésaventures !
Pour l’édification de mes condisciples qui viennent d’être confrontés à cette affection comme pour ceux qui la connaissent déjà, j’ai entrepris de vous narrer les principaux épisodes de cette saga néphrologique. Étant d’un naturel porté sur l’optimisme et tous styles d’humour, je n’ai pas dérogé à cette règle : alors, hauts les cœurs, puisque nous sommes vivants !
À lire : Dialyse song, la description détaillée d’une séance type de dialyse, et Transplant blues, le parcours du combattant depuis la découverte de son insuffisance rénale jusqu’à la transplantation.
Et pour ses 80 ans, on lui empruntera ce proverbe africain qu’il a partagé aujourd’hui : « Si ton visage tourne au soleil, les ombres tombent derrière toi. »
Patient en dialyse péritonéale qui a traversé les Alpes à pied, de Munich à Venise.
Vous pouvez lire son récit dans le journal di@lysez de septembre 2009 : Un patient dialysé part en randonnée. Vous pouvez suivre son périple (en allemand) sur son blog, désormais archivé : dialyseontherocks.wordpress.com.







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