Néphrotoxicité du ténofovir

Le ténofovir est un inhibiteur nucléotidique de la transcriptase inverse (NtRTI) et fait partie de l’arsenal des anti-rétroviraux du VIH. Le ténofovir est transporté par les protéines de transport ABC, dont certaines sont exprimées au niveau du rein. Des évidences fortes font que l’on pense que le ténofovir est néphrotoxique, provoquant des nécrose tubulaire aiguë et des tubulopathies proximales.

Ceci est présenté dans l’article de Herlitz et coll dans le Kidney International «Tenofovir nephrotoxicity: acute tubular necrosis with distinctive clinical, pathological, and mitochondrial abnormalities». Ils ont revu les biopsies de 13 patients présentant une néphrotoxicité (IRA et/ou protéinurie) au ténofovir. [Kidney International 2010; 78: 1171]

The major ultrastructural findings were acute proximal tubular changes and dysmorphic mitochondria.

Il est intéressant de voir que la fonction rénale récupère (que partiellement dans certains cas) après arrêt du traitement permettant d’imputer l’atteinte au ténofovir. Les NtRTI sont connus pour empêcher la réplication mitochondriale par inhibition de l’ADN polymérase-γ.

C’est pourquoi la «HIV Medicine Association of the Infectious Disease of America» recommande que les patients recevant du ténofovir et ayant un taux de filtration glomérulaire < 90 ml/min, des comorbidités (diabète ou hypertension), ou qui reçoivent du ritonavir («boosted protease inhibitors») soient dépistés au moins 2x par an (fonction rénale, phosphore sérique, protéinurie et glycosurie). [Clin Infect Dis 2005; 40: 1559]

Altough tenofovir nephrotoxicity appears to be a relatively rare complication, it is a potentially serious one, warranting careful screening of patient at risk.

La question suivante est de savoir pourquoi le ténofovir fait des atteintes tubulaires chez un petit nombre de patients HIV. La réponse serait un polymorphisme d’un gène pour MRP-2 (multidrug resistance protein-2) entraînant l’accumulation du ténofovir dans la cellule et la néphrotoxicité. Le probénécide en diminuant le transport du ténofovir dans la cellule (OAT-1) diminuerait cet effet toxique. [Clin J Am Soc Nephrol 2009; 4: 1275]

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