Pathogénèse de la maladie polykystique rénale

La maladie polykystique rénale autosomale dominante (ADPKD) est due à deux déficits génétiques distincts (peut-être 3) – PKD 1 et PKD 2.

ADPKD type 1 avec mutation de PKD 1 sur le bras court du chromosome 16 (85% des cas). Le gène PKD 1 code pour la polycystin-1 (PC1) qui joue un rôle déterminant dans l’interaction cellule-cellule et cellule-matrice.

ADPKD type 2 avec mutation de PKD 2 sur le chromosome 4 (10-15% des cas). Le gène PKD 2 code pour la polycystin-2 (PC2) qui joue un rôle dans la voie de signalisation par le calcium.

La pathogénèse de la maladie kystique est due à des mécanismes cellulaires anormaux (dédifférenciation, maturation et apoptose). Cela va entraîner:

  1. Une fonction ciliaire anormale: l’altération au niveau de la fonction ciliaire interfère avec les propriétés mécano-sensitives. L’épithélium ne peut plus correctement sentir le sens du flux et cela dérègle la croissance cellulaire.
  2. Une activation de l’AMP cyclique: les antagonistes de la vasopressine V2 inhibe ou arrête la progression des kystes chez l’animal. L’AMPc potentialise la formation de kyste en stimulant MAPK (Ras/mitogen-activated protein kinase) et CFTR (cystic fibrosis transmembrane conductance regulator).
  3. Une mauvaise localisation des protéines cellulaires: la pompe Na-K-ATPase se retrouve sur la membrane luminale en lieu et place de la membrane baso-latérale.
  4. Une croissance anormale des cellules épithéliales: par activation de proto-oncogènes et/ou de facteurs de transcription.
  5. Une angiogénèse augmentée: le VEGF (vascular endothelial growth factor) est augmenté dans les kystes, ainsi que d’autres cytokines.

La dédifférenciation des cellules épithéliales tubulaires entraînent leur prolifération et est l’élément moteur de la pathogénèse de l’ADPKD. Les kystes se forment à partir de dilatation de tubules intacts en contact avec le néphron et remplit de liquide de filtration glomérulaire. Les kystes ont une prédilection pour le tubule distal et le tube collecteur. Quand le kyste grandit, il se remplit de liquide par voie trans-épithéliale. Ceci est accompagné par une inflammation interstitielle, une dégradation des composants de la matrice et une hyperplasie de l’épithélium du kyste.

(to be continued)

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Catégories : Maladie du rein, Néphrologie

Auteur :Dr Vincent Bourquin

Néphrologue blogueur

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