Utilisation du bélatacept en transplantation rénale

Voici les excellentes présentations de la Dre Karine Hadaya et du Dr Jean Villard sur l’utilisation du bélatacept en transplantation rénale.

Le Dr Jean Villard commence par une partie théorique sur le blocage de la costimulation par le bélatacept.

Le signal de costimulation est, en immunologie, un signal donné à une cellule par une autre et qui régule l’activation, la prolifération, la survie ou la différenciation de la cellule qui le reçoit. Il y a des molécules impliquées dans la costimulation positive et d’autres dans la costimulation négative:

  • costimulation positive: la liaison de CD28 exprimée à la la surface d’un lymphocyte avec ses ligands B7.1 (aussi appelé CD80) ou B7.2 (aussi appelé CD86) exprimés à la surface d’une cellule présentatrice d’antigène (CPAg) fournit au lymphocyte T un signal nécessaire à son activation complète.
  • costimulation négative: la liaison de Cytotoxic-T-Lymphocyte Antigen 4 (CTLA-4, aussi appelé CD152) exprimé à la surface d’un lymphocyte auxiliaire avec ses ligands B7 transmet un signal d’inhibition. Cette liaison a une affinité plus grande que celle de CD28.

Régulation.001

Le signal de costimulation est aussi appelé « signal de danger » ou « signal de confirmation » car il vient en complément de l’antigène pour confirmer la présence d’un contexte infectieux ou inflammatoire et donc la nécessité d’une activation lymphocytaire spécifique.

La manipulation pharmacologique des signaux de costimulation (p.e. la voie de costimulation B7/CD28) représente une piste intéressante pour moduler les réponses immunitaires.

L’abatacept (ORENCIA®) est une protéine de fusion soluble formée de CTLA-4 et du fragment  constant d’une IgG1. Le bélatacept (NULOJIX®) est un dérivé de l’abatacept, il diffère de celui-ci par seulement 2 acides aminés. Ces molécules se fixent sur B7 avec une affinité plus grande que CD28, et empêche la CPAg de délivrer le signal de costimulation aux lymphocytes T qui ne seront pas activés.

Mais tout cela est plus compliqué que cela, voyez plutôt:

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Capture d’écran 2013-01-06 à 16.31.39

La Dre Karine Hadaya parle ensuite de l’utilisation du bélatacept en transplantation rénale en passant en revue les différentes études concernant cette molécule.

Il a été évalué dans 2 études de phase 3, open-label, randomisées, contrôlées, multicentriques: BENEFIT (Belatacept Evaluation of Nephroprotection and Efficacy as First-line Immunosuppression) et BENEFIT-EXT (« extended-criteria »).[1, 2]

L’étude BENEFIT a inclu 666 patients (!) randomisés dans 3 groupes de traitements: « less intensive » belatacept, « more intensive » belatacept et cyclosporine A. L’étude BENEFIT-EXT a inclu 543 patients avec les mêmes groupes de traitement. Tous les patients recevaient du basiliximab, du mycophenolate mofetil et des corticostéroïdes.

La survie du patient et du greffon étaient identique a 2 ans dans les 3 groupes. Le bélatacept montre un bénéfice au niveau rénal avec un meilleure préservation du débit de filtration glomérulaire. Il existe un risque augmenté de PTLD (posttranslpant lymphoproliferative disorder) chez les patients EBV négatif qui reçoivent le bélatacept.

Le bélatacept est le premier immunosuppresseur intra-veineux (avantage en terme de compliance?) pour le traitement immunosuppresseur de base en transplantation rénale. Les indications sont la prévention des rejets aigus chez les patients greffés rénaux adultes (EBV positif) à faible risque immunologique.[3]

Cliquer sur l’image pour télécharger la présentation au format PDF (415 Ko)

Capture d’écran 2013-01-06 à 16.31.55

Source

1. Vincenti F, Charpentier B, Vanrenterghem Y, Rostaing L, Bresnahan B, Darji P, Massari P, Mondragon-Ramirez GA, Agarwal M, Di Russo G, Lin C-S, Garg P, Larsen CP: A phase III study of belatacept-based immunosuppression regimens versus cyclosporine in renal transplant recipients (BENEFIT study). Am J Transplant 2010, 10:535–546.

2. Durrbach A, Pestana JM, Pearson T, Vincenti F, Garcia VD, Campistol J, del Carmen Rial M, Florman S, Block A, Di Russo G, Xing J, Garg P, Grinyó J: A Phase III Study of Belatacept Versus Cyclosporine in Kidney Transplants from Extended Criteria Donors (BENEFIT-EXT Study). American Journal of Transplantation 2010, 10:547–557.

3. Archdeacon P, Dixon C, Belen O, Albrecht R, Meyer J: Summary of the US FDA approval of belatacept. Am J Transplant 2012, 12:554–562.

5 commentaires

  1. q on est il du risque de reactivation de tuberculose dans les pays a haute endemie? benefit montre des cas positifs dans ces regions (bresil…). merci

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  2. Bonjour Docteur,

    Où en est-on avec le Belatacept en France? Il n’est toujours pas autorisé alors que toutes les études montrent qu’il est clairement plus efficace que la cyclo ou le tacro pour conserver une bonne fonction rénale après transplantation, sans effets secondaires (mis à part pour les personnes EBV positives). Les autres pays européens ne se posent plus de questions depuis longtemps.

    Rénaloo fait le forcing auprès de la ministre de la santé pour qu’elle l’autorise enfin, espérons que cela aboutisse favorablement.

    Certains hopitaux le proposent tout de même à leurs patients, j’ai la chance de pouvoir en faire partie, mais j’aimerais que tous les greffés qui souffrent avec une piteuse fonction rénale puissent en bénéficier aussi 😦

    Cordialement
    Marc

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