Il y a encore du boulot

Un principe central de la médecine contemporaine est qu’un patient informé est un meilleur patient. Dans le cas de l’insuffisance rénale chronique (IRC), il semble qu’il y ait encore du travail!

En effet, une étude récente de Nunes et coll.  montre que deux-tiers des patients suivis pour une IRC  n’ont pas ou peu de connaissance sur les médicaments qui sont bons ou mauvais pour les reins, la nourriture a éviter en cas d’IRC ou les symptômes de l’IRC.[1] En plus, un quart n’a pas ou peu d’idée sur les buts à atteindre pour la pression artérielle.

Cette équipe s’est également amusé à faire la différence entre ce que les patients savaient (objectif) et ce qu’ils croyaient savoir (subjectif). Les patients qui croyaient ne rien savoir et ne savaient rien, évoluant logiquement moins bien. Cependant, le fait de croire qu’ils ne savent rien peut augmenter la communication avec l’équipe soignante et diminuer cette mauvaise évolution. Ceux qui croient ne rien savoir, mais qui ont la connaissance, ont besoin d’encouragement de la part de l’équipe soignante pour bien évoluer. Les patients avec une connaissance aussi bien objective que subjective sont capables de se prendre en charge eux-même et ont meilleure évolution (confirmant l’adage qu’un patient informée est un meilleur patient). Enfin, les patients qui croient savoir mais n’ont pas les connaissances suffisantes sont à risque de prendre de mauvaises décisions pour leur santé en croyant bien faire. De plus, comme ils croient savoir, ils ne vont pas aller chercher l’information auprès de l’équipe soignante.

Risques d’une mauvaise évolution [poor outcome] en fonction des connaissances de la maladie [disease knowledge] objectives [objective] et subjectives [perceived]

L’éducation thérapeutique a toute sa raison d’être et il reste encore bien du travail pour transmettre des informations sur l’insuffisance rénale chronique et sa prise en charge.

Voici l’outil utilisé pour évaluer les connaissances [Perceived kidney Knowledge Survey (PIKS)]. Il agit de 9 questions que le patient doit évaluer de 1 à 4 (1 = je n’en sais rien du tout, 2 = j’en sais un petit peu, 3 = j’en sais pas mal, 4 = j’en sais beaucoup)

  1. Les médicaments qui aident les reins
  2. Les médicaments qui abîment les reins
  3. La nourriture qui doit être évitée en cas de problème avec les reins
  4. Le but pour ma pression artérielle
  5. Comprendre les options thérapeutiques si les reins ne fonctionnent plus
  6. Les symptômes de l’insuffisance rénale chronique
  7. Comment la fonction des reins est contrôlée par mon médecin
  8. La fonction des reins
  9. Savez-vous pourquoi vous avez été envoyé chez un médecin spécialiste des reins

J’espère que ce blog permet (et permettra) de répondre à un certain nombre de ces questions (et à d’autres) et ainsi aider les patients à devenir mieux informés.

Source

1. Wright Nunes JA, Wallston KA, Eden SK, Shintani AK, Ikizler TA, Cavanaugh KL: Associations among perceived and objective disease knowledge and satisfaction with physician communication in patients with chronic kidney disease. Kidney Int 2011, 80:1344–1351.

4 commentaires

  1. La question que soulève cette article et la pratique quotidienne est comment on fait pour améliorer l’empowerment des patients qui ne veulent ou peut être ne peuvent pas. J’avais été particulièrement intéressé par les facteurs associés à une mauvaise et on s’aperçoit que ceux sont essentiellement des facteurs socio-culturels.
    « older age (β=−0.11, 95% confidence interval (−0.15, −0.07); P<0.001 per 10 years), male sex (−0.13 (−0.24, −0.025); P=0.02), higher average eGFR (−0.02 (−0.03, −0.005); P=0.03 per 5 ml/min per 1.73 m2), not attending CKD education class (−0.42 (−0.58, −0.26); P$55,000 per year compared with less than or equal to$25,000 was associated with higher perceived knowledge (0.18 (0.004, 0.36); P=0.046) as well as knowing someone else with kidney disease (0.19 (0.07, 0.31); P=0.002). Years of education and number of doctor visits were not significantly associated with perceived kidney knowledge."
    Une des réponses est l'utilisation des cliniques de l'insuffisance rénale chronique à la québécoise. Ce qui est passionnant c'est de voir que la dose de docteur ne change rien. Il faut vraiment monter des structures spécifiques et des enseignements spécifiques en fonction du niveau socio-culturel. Expliquer la MRC à des cadres supérieurs bien intégrés et à des précaires nécessitent des skills différentes. Il y a un énorme travail à faire sur le sujet en reconnaissant les différences des uns et des autres pour améliorer la transmission de l'information.

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