Nos patients peuvent avoir une peur légitime d’avoir mal lorsqu’on pique leur fistule artério-veineuse. Pour certains, cela peut tourner à la phobie avec une importante angoisse de venir en dialyse. Les traitements locaux par Emla® peuvent aider, ainsi qu’une benzodiazépine avant la séance. Une technique, pour moi ésotérique, nous a été proposé l’autre jour: « Avez-vous essayé l’hypnose? »
J’ai un peu cherché sur pubmed sous hypnose et dialyse et je n’ai franchement rien trouvé. Je suis tombé par hasard, en achetant mon journal, sur une revue publiée par l’EPFL « Reflex » qui titrait « L’hypnose s’installe à l’hôpital. » Je vous en livre les grandes lignes.
On me rassure tout de suite, en précisant que l’hypnose n’a rien d’ésotérique, ni de mystificateur!
Elle est un outil thérapeutique et de plus en plus de médecins l’utilisent pour aider leurs patients à affronter des phobies, à se libérer d’une dépendance, à traiter des troubles sexuels ou une allergie.
Elle est également utilisée pour soulager la douleur. Une étude menée au centre des grands brûlés du CHUV montre qu’en complément aux traitements traditionnels, l’hypnose diminue l’intensité de la douleur, augmente l’efficacité des opioïdes, diminue l’anxiété, améliore la cicatrisation et réduit les coûts.
L’hypnose va conduire le patient dans un état dit « de transe » ou « de conscience modifiée ». Il y a un gain de contrôle avec maîtrise des sensations. Des études sur l’effet de l’hypnose sur le cerveau s’effectuent à l’université de Genève au Laboratoire de neurologie et d’imagerie cognitive (LabNIC).
Il faut s’assurer avant de pratiquer l’hypnose que le patient n’a pas de contre-indications psychiatriques (dépression suicidaire, schizophrénie).
L’approche semble intéressante et certains de nos patients pourraient en bénéficier. Il reste à trouver un hypnotiseur (terme officiel?) ou à se former soi-même par l’intermédiaire de l’Institut Romand d’Hypnose Suisse (IRHYS).
Illustration de Daniel Bouzou (http://bouzou.wordpress.com)


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