La carnitine en dialyse

La carnitine (acide hydroxy-3 triméthyl-4 aminobutyrique) est composée d’acides aminés et régule des processus métaboliques fournisseurs d’énergie:

  • Utilisation des acides gras où elle aide à la pénétration dans les mitochondries.
  • Economie du métabolisme cellulaire en cas d’apport insuffisant d’oxygène.

L’organisme synthétise une partie de la carnitine dont il a besoin à partir d’acides aminés (lysine et méthionine) dans le rein et le foie. Cette synthèse nécessite des vitamines (niacine, pryridoxine, ascobate) et du fer. Le reste de la carnitine doit être fourni par l’alimentation (la viande en est riche).

La carnitine est présente dans la plupart des organes, des tissus et des liquides biologiques. Plus de 95% de celle-ci se concentre dans les muscles.

Le rein contrôle l’excrétion de la carnitine et contribue à sa synthèse. L’insuffisance rénale chronique et la dialyse perturbent cet équilibre. La carnitine libre, efficace sur le plan physiologique, se trouve diminuée. Un traitement par dialyse au long cours entraîne donc un appauvrissement de l’organisme en carnitine avec comme complications une faiblesse musculaire, des troubles du rythme cardiaque ou des problèmes vasculaires.

La carnitine est facilement dialysable avec une baisse de celle-ci jusqu’à 75% lors d’une séance de dialyse. C’est surtout la carnitine libre qui est perdue. Les pertes du plasma sanguin sont rapidement compensées  par la carnitine venant du muscle. Ensuite la perte des réserves musculaires va être compensée par l’alimentation et la synthèse endogène.

http://www.carnitor.com/

Utilité de la carnitine pour les patients en hémodialyse

La faiblesse physique, les crampes, la chute de la tension ou les troubles du rythme cardiaque pourrait être attribués – entre autres – à la perte de carnitine durant la dialyse. Cela pourrait également entraîner une altération musculaire, une anémie (modification de la stabilité membranaire) et des troubles lipidiques (augmentation triglycérides et diminution cholestérol HDL).

Un traitement par carnitine a montré une amélioration:

  • Crampes et faiblesse musculaire (Sakarouchi et coll. AJKD 1998) après un traitement PO de 0.5 g de carnitine pendant 12 semaines.
  • Crampes, faiblesse musculaire et hypotension (Casciani et coll. Current Therapeutic Research 1982) après un traitement PO de 990 mg de carnitine pendant 60 jours [9 patients]
  • Crampes musculaires, hypotension (De Felice et coll. Nephrol Dial Tranplant 1996) après un traitement IV de 2 g de carnitine en dialyse pendant 8 semaines [171 patients]
  • Diminution dose EPO (jusqu’à 20%!) dans une analyse statistique d’études publiées (Hurot et coll. JASN 2002)

De nombreuses études montrent que, par l’administration d’un supplément de carnitine, les troubles de l’équilibre en carnitine chez les patients insuffisants rénaux peuvent être considérablement améliorés. Les doses recommandées sont de 1 à 2 g IV après chaque séance de dialyse.

Il me semble que ce traitement est instauré quand on ne sait plus quoi faire (crampes, hypotension) et personne n’ose ensuite l’arrêter!

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