Don de rein altruiste

Les reins prélevés chez les donneurs vivants dans le cadre d’un don non dirigé altruiste («bon samaritain») sont distribués dans le cadre du système de répartition des reins de donneurs cadavériques.

Le don de rein altruiste défie les principes éthiques, questionne le sens anthropologique du don et s’accompagne d’enjeux psychologiques.

C’est ainsi que commence l’excellent article de Lüchinger et coll dans la Revue Médicale Suisse de cette semaine sur Don de rein altruiste: enjeux psychologiques.[1, 2, 3]

Parmis les donneurs vivants, les donneurs anonymes occupent une place particulière, étant donné qu’ils ne tirent apparemment aucun bénéfice de leur geste.

Après avoir donné un cas clinique, les auteurs explique que l’évaluation psychologique ou psychiatrique que tout donneur altruiste va avoir doit se concentrer sur:

  • la capacité de discernement
  • la motivation du don d’organe, en particulier le caractère librement consenti
  • l’anamnèse psychosociale
  • le déroulement du processus décisionnel
  • l’expériences passées dans la gestion du stress
  • les conditions de vie actuelle (réseau social, activité professionnelle, finances)
  • la relation avec le receveur
  • l’attente du donneur en rapport avec le don d’organe
  • les connaissances sur l’utilité et les risques d’un don pour le donneur et le receveur

Cette évaluation est importante car au-delà du risque somatique, le don de rein expose à des risques psychologiques.

un nombre significatif (jusqu’à 20%) de donneurs est susceptible d’évoluer défavorablement sur le plan psychosocial, sans que l’on connaisse les critères non permettant d’identifier préventivement les donneurs à risque.[3]

Source

  1. Lüchinger M, Ludwig G, Guex P, Stiefel F: Altruistic kidney donation: psychological challenges. Rev Med Suisse 2012, 8: 350-4
  2. Truog R: The ethics of organ donation by living donors. N. Engl. J. Med. 2005.
  3. Dew M, Jacobs C, Jowsey S: Guidelines for the psychosocial evaluation of living unrelated kidney donors in the United States. American Journal of Transplantation 2007
  4. Stagno D, Benaroyo L: [Transplantation with living organ donors: ethical issues]. Rev Med Suisse 2007, 3:408–10, 412.

Lire aussi

Don d’organes solides par des personnes vivantes. Directives médico-éthiques et recommandations de l’Académie Suisse des Sciences Médicales

Tags:,

Catégories : Epuration extra-rénale, Information patients, Néphrologie

Auteur :Dr Vincent Bourquin

Néphrologue blogueur

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2 Commentaires le “Don de rein altruiste”

  1. max
    1 juin 2013 à 22:14 #

    On dit souvent que les gens en bonne santé peuvent donner un rein sans que cela induise de problème de santé. Une étude sur les indiens qui vendent un rein pour combler des dettes indique que 86% de ceux-ci ont fait état d’une détérioration de leur état de santé après la néphrectomie.

    Évidemment la détérioration de l’état de santé n’est pas très bien quantifiable dans cette étude ( fonction rénale, détérioration transitoire ? ), mais je trouve que ça fait quand même réfléchir.

    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/12350189

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