Ghréline, ghréline, ghréline…

Je m’occupe d’une patiente en dialyse péritonéale qui nous inquiète, car elle est déjà très maigre (mince me reprendrait-elle) et après 2 péritonites, coup sur coup, elle a une albumine dans les chaussettes et des signes de dénutrition. Que faire pour lui donner de l’appétit et qu’elle reprenne du  « bon » poids? Pourquoi ne lui donnes-tu pas de la ghréline, m’a-t-on suggéré?  Il a fallu que je me penche sur ce pourquoi pas !

Les principaux signaux participant à la régulation de la prise alimentaire sont la leptine, l’insuline et la cholécystokinine (CCK) La ghréline est la seule hormone circulante à potentialité orexigène.

La ghréline est une hormone peptidique composée de 28 acides aminés sécrétée principalement par l’estomac et la partie supérieure de l’intestin. La cible endogène de la ghréline est le récepteur sécrétagogue à l’hormone de croissance (GH) et certains des effets métaboliques et neuroendocriniens de cette hormone nécessitent l’ajout par acylation d’un acide gras à 8 carbones sur un résidu sérine. La ghréline possède de nombreux sites d’action au niveau du SNC parmi lesquels une action sur la sécrétion de GH, d’hormone adrénocorticotrope (ACTH), de cortisol et de prolactine. Au niveau hypothalamique, la ghréline augmente la sécrétion de GH et stimule la prise alimentaire en activant les neurones qui fabriquent le neuropeptide Y (NPY) et l’agouti-related protein (AgRP), deux puissants peptides orexigènes.

Ainsi, l’administration de ghréline se traduit par une augmentation de la sensation de faim, de la prise alimentaire, ainsi que des sécrétions acides et de la mobilité gastrique. La libération de la ghréline est initiée un peu avant un repas pour s’arrêter après l’épisode de prise alimentaire. De récentes études démontrent que la ghréline exerce aussi une action sur le système mésolimbique dopaminergique, où elle modulerait la prise alimentaire dans sa composante motivationnelle et hédonique via son action sur les neurones dopaminergiques de l’aire tegmentale ventrale. Cela paraît bien !

Par ailleurs, une étude en dialyse péritonéale a montré que l’on pouvait injecter de la ghréline sous-cutané avec un effet sur la prise alimentaire et calorique. C’est toutefois une petite étude. Je pourrais donc injecter de la ghréline à ma patiente, si j’en trouvais en pharmacie !

8 commentaires

  1. on peut augmenter la teneur en ghreline par du fenugrec
    stimuler le SNC et le métabilisme basal par la caféine
    éliminer les radicaux oxygénés issus de la production d’ATP lors de la lipomobilisation ( qui libère la leptine anorexigène) par la vitamine c et la promutase

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  2. @ gillou et vincent : sa semble prometteur de stimuler la production de ghreline , a part le fénugrec ( ce qui est confirmé ) y’a t’il d’autres moyens de la stimuler ?

    @ gillou : pourquoi stimuler le métabolisme basal par la caféine , alors que a ma connaissance plus le metabolisme de base est lent moin on brule de graisse et donc plus on augmente le poids , les metaboliseur rapides sont les sujets qui ont plus de difficultés a prendre du poids logiquement pour gagner du poids il faudrait ralentir le métabolisme de base ?

    enfin existe t’il des medicaments contenant de la ghreline per os – voir une ghreline seule injectable en sc , ou bien des stimulants -excitateurs – pontentiateurs de la production de ghréline , et ou peut on trouver la promutase ?
    merci

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